50 Shades of Grey : portrait de femme sans nuances ?

50 Shades of Grey, 50 nuances de Grey pour les non-anglophones est le premier tome de la célèbre trilogie de E.L. James parue entre 2012 et 2013. Retour critique sur cette saga adulée par certains et décriée par d’autres. Elle traite en effet d’un sujet encore et toujours très clivant : la sexualité féminine.

Le premier tome relate la naissance de l’amour passionnel et sexuel entre Anastasia Steele, jeune étudiante de 22 ans et Christian Grey, jeune homme d’affaires richissime, amateur de femmes. L’adaptation au cinéma de Sam Taylor-Johnson dont on entend parler depuis de longs mois déjà sort mercredi 11 février sur nos écrans, soit 3 jours avant la Saint-Valentin. Dakota Johnson et Jamie Dornan ont la lourde tâche de faire fonctionner à l’écran ce couple qui a déjà cartonné sur papier.

Fifty Shades of Grey : un courant littéraire est né ?

Fifty Shades of Grey est ce que l’on appelle communément un best-seller. 100 millions d’exemplaires ont été vendus à travers le monde. On ne compte plus les traductions et les fans de cette saga érotico-passionnelle écrivent des articles sans fins sur ce qu’ils nomment un « véritable phénomène de société ». Les chiffres en effet parlent d’eux-mêmes. Et l’on comprend la rapidité avec laquelle Hollywood a acheté les droits et tourné le film, tout en orchestrant une campagne de promotion pharaonique qui aura débuté dès les prémices de l’adaptation et dont on ne sait pas vraiment quand elle se clôturera (dans les mois qui suivront la sortie DVD ?).

L’engouement pour ce livre est-il le signe qu’un courant est né ? Partout on voit fleurir l’expression très imagée et assez édifiante de « mummy porn« . Nous concédons qu’il est intéressant de voir le personnage principal féminin d’un roman explorer sa sexualité. Cependant, même si Fifty Shades of Grey appartient à un genre plus subtil que la pornographie, puisqu’il reconnaît à la femme le droit de disposer de son corps, on peut tout de même se demander s’il s’agit ici d’une sexualité féminine libérée.

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Fifty Shades of Grey : une image de la femme loin d’être nuancée

En tous les cas, ce qui est hélas certain, c’est que l’image de la femme est toujours très stéréotypée et bien loin du pied d’égalité avec son homologue masculin. Le héros, l’homme, Christian donc, est jeune, beau, intelligent et à la tête d’une richesse qu’il ne doit qu’à lui-même. Bref, il a réussi. Il est également représenté comme torturé, complexe, esthète, c’est un dominant qui a un fort ascendant sur sa partenaire. L’héroïne, la femme, Anastasia donc, est jeune, étudiante, elle n’a pas fini sa formation. Elle est intelligente mais timide et doute d’elle-même et de ses idées avec une naïveté désarmante. Elle est vierge, au sens propre et figuré, sans expérience. Sa position d’infériorité est aujourd’hui, avec l’adaptation cinématographique, relayée par l’image : Anastasia est systématiquement placée sous Christian.

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Fifty Shades of Grey : le grand retour de la romance

C’est dans ce contexte que nous pouvons avancer que Fifty Shades of Grey signe le grand retour de la romance, la littérature à l’eau de rose fait son coming-out ! La collection Harlequin n’a pas grand chose à envier à ce mastodonte des ventes, à part son business florissant. Le scénario obéit aux grandes lignes du genre : une rencontre due au hasard, des héros si différents (l’avantage social et financier est toujours donné à l’homme) que l’histoire ne devrait pas marcher, mais … ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. J’espère que vous ne m’accuserez pas de vous avoir spoilé la fin, cela voudrait dire que vous n’aviez pas compris que l’auteur assure à ses personnages le même destin que Cendrillon, Blanche-Neige ou La Belle au bois dormant.

Quel dommage que, dès le titre, la supercherie nous soit révélée : l’homme est tout en nuances, la femme, inexistante, monolithique, attends que se reproduise le schéma des histoires que sa mère lui lisait le soir avant de se coucher.

Fifty Shades of Grey : le débat

Et vous ? Quelles sont vos impressions ? Avez-vous lu les livres ? Irez-vous voir le film au cinéma ?

1 Commentaire

  • Lucie dit :

    Je n’en peux plus d’entendre parler de ce bouquin… J’ai cru avoir une crise cardiaque en voyant le titre de votre nouvel article mais ouf… Ce n’est pas pour le porter aux nues. L’avantage c’est que maintenant que ce best seller a décomplexé le genre, on va peut-être voir apparaître des productions plus originales, plus intéressantes et un peu moins cliché (enfin j’espère).

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