La petite histoire du bas

Après la petite histoire du porte-jarretelles, laissez-vous conter aujourd’hui celle de sa tendre moitié, les bas. Et en musique s’il vous plait !

A l’origine des bas étaient… les collants ! Ou plutôt leur ancêtre. Dans l’antiquité les dames entouraient pieds et jambes dans des bandes de tissu appelées “fascioe crurales” des espèces de caleçons à pied que l’on porta jusqu’au moyen âge. Par un beau matin du XVI siècle, on imagina de séparer la culotte des jambes, et ainsi naquit le bas.

Au Moyen Âge, on cousait les bas à même la cheville : les princes les faisaient fabriquer en soie tissée d’or ou d’argent, les riches en brocard, ou même en cuir, les pauvres se contentaient d’une méchante laine qui grattait. Pour les faire tenir, des jarretières s’imposaient. Charles VI offrit à son épouse Isabelle une paire de jarretières où le monogramme royal apparaissait brodé de diamants.

L’anglais William Rider eut l’idée de tricoter (et non plus de tisser) le bas, le roi Edouard VI en raffola et en France, c’est Henri II qui lança la mode des bas de soie, si joliment moirés, en en portant le jour du mariage de sa sœur Marguerite. Il y eut ensuite la mode du bas vert, sous Henri III, du bas bleu et rouge, sous Richelieu. Puis, les hommes l’abandonnèrent complètement, et le bas devint l’attribut féminin par excellence.

Il se démocratisa avec le bas en rayonne – la « soie articifielle » – au début du XXe. Mais la véritable révolution fut l’invention du nylon par l’Américain Wallace Carothers. Fin, souple et solide, le bas nylon suscita immédiatement l’engouement avec 64 millions de paires vendues dès la première année aux Etats-Unis.

Deuxième guerre mondiale, plus de bas. Leur fabrication et commercialisation est momentanément interrompue, faute de matières premières. Les Américaines sont incitées à rendre leur bas nylon pour qu’ils soient refondus, et la fibre refilée et tissée sous forme de toile pour les parachutes. Apparurent alors, aux Etats Unis comme en Europe, les bas en trompe-l’œil, habilement peints à même la jambe des coquettes frustrées de leurs accessoires.

C’est dans l’euphorie de la libération, que le bas nylon vécut sa seconde naissance :

Et puis, tout à trac, en 1968, parce qu’une certaine Mary Quant lançait la minijupe, toutes les femmes se mirent, en l’espace d’une année, à abandonner le bas pour se convertir au collant, jusqu’alors destiné aux danseuses.

Les années 1980 amorcèrent néanmoins un retour au culte de l’élégance et de la sensualité. Le bas refait surface avec de nouvelles recherches en termes d’association de fibres (élasthanne, tactel, microfibre), de couleurs, de motifs, tout autant que de formes, avec notamment l’invention des bas autofixants, qui se portent sans jarretelles. Si le bas n’est plus un accessoire de tous les jours, il reste gravé dans les esprits comme un symbole infiniment glamour de l’éternel féminin.

 

Et vous, êtes-vous plutôt bas ou collants ?

Sources :

 

1 Commentaire

  • GentlemanW dit :

    Un bon rappel sur les origines les plus lointaines jusqu’à celles plus proches, pour les bas.

    Le bas nylon reste actuel, dans sa version Dim Up moderne des années 80, ou plus glamour avec les véritables bas nylon couture.

    Chaque féminité y trouvera son accessoire.

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