Le mannequin lingerie, un sujet controversé !

En mai dernier, avec l’exposition « Mannequin : le corps de la mode », le Musée Galliera à Paris s’intéressait aux mannequins, l’un des sujets les plus controversés de l’industrie de la mode, et s’interrogeait sur sa valeur marchande, esthétique, humaine, ainsi que sur ses stéréotypes. Capable de déclencher fantasmes et rêves, mais aussi oppression et complexes, le mannequin, élément vivant de la machinerie de mode, a un véritable pouvoir d’influence, et l’industrie se trouve souvent tiraillée entre création et commerce.

Plus que pour tout autre article de mode, ce débat concerne particulièrement la vente de lingerie, où le corps du mannequin se voit exposé dans une quasi-nudité. Il suffit de contempler une photo des campagnes « Leçon de séduction d’Aubade » pour se demander qui du corps ou du vêtement est le plus commercialisable ?

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Campagne Aubade

Aux débuts du mannequinat, vers les années 1850, les professionnelles étaient aussi appelées des sosies. « Dans les salons des couturiers, lorsqu’elles présentaient les vêtements, elles devaient ressembler aux clientes », rappelle Sylvie Lécallier, photographe et commissaire de l’exposition. Aujourd’hui, le corps de la mode est fantasmé, déconnecté des silhouettes des consommatrices. « Une perfection artificielle permise par la retouche qui crée des corps lisses et irréels dans un embellissement troublant de l’image. »

Pour ses campagnes, Aubade utilise non seulement des retouches pour allonger des jambes, amincir une taille, arrondir une poitrine, mais peut également avoir recours à des mannequins différents pour photographier les fesses et les seins. Le corps morcelé, devient une simple marchandise dans un système commercial. Ce procédé n’est pas sans précédent dans l’histoire de la mode, le musée Galliera expose des fiches des premières agences de mannequinat qui catégorisaient les modèles selon leurs meilleurs attributs : « les plus belles mains », « les plus belles jambes », « les plus belles dents »

De simples « portemanteaux », les mannequins ont au cours de l’histoire de la mode été édifiés au statut d’égéries, véritables stars et idoles qui viennent apporter leur notoriété et personnalité aux marques. Les ambassadrices de campagnes sont devenues des muses, et les marques semblent parfois négliger de nous montrer le produit au profit de prises de vues de la belle. Les vidéos du « backstage » sont même transformées en campagnes publicitaires :

Il semble que l’industrie soit tiraillée entre le besoin de présenter un produit et celui de créer du rêve. Je regrette cependant l’impact sur de nombreuses filles qui disent ne pas oser porter de la lingerie trop sexy sous prétexte qu’elles ne font pas un taille 34.

En ce qui nous concerne, un ensemble de lingerie sexy ne pourra jamais nous faire ressembler au mannequin de la publicité, qui elle-même est une fiction. Un bel ensemble de lingerie peut cependant révéler le meilleur de nous-même en mettant en valeur nos formes, et c’est bien là toute la magie de la lingerie fine !

 

Et vous, que pensez vous des différentes campagnes de lingerie ?

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