Les dessous de Cléopâtre

Chacun de ses regards « perce le cœur comme des flèches d’Eros lui-même »*, et pour elle « les royaumes se consument en baisers »**. La dernière reine d’Egypte, Cléopâtre, a changé le cours de l’histoire par la puissance de son charme et de son tempérament. Aujourd’hui encore, sa force de fascination est intacte et elle continue à enseigner une leçon de séduction. Inspirons-nous d’elle pour choisir la lingerie qui peut être nous aidera à nous attribuer ses pouvoirs ancestraux…

Portrait d’une femme d’histoire

Si Cléopâtre symbolise aujourd’hui tout le faste et la grandeur de l’Egypte Antique, elle est pourtant d’origine Grecque. Par son fascinant destin, elle a éclipsé à elle seule non seulement ses propres ancêtres macédoniens, mais également les fameux pharaons d’un passé plus lointain. Alexandre le Grand avait conquis l’Egypte en 332 avant JC et établi comme gouverneur Ptolémé, un de ses généraux, qui poursuivit la tradition en régnant comme pharaon.

Née en 69 avant notre ère, elle monte sur le trône à l’âge de dix-sept ans avec son frère. Ce dernier veut l’évincer, et elle fuit. Elle cherche alors à s’allier à César, venu en Egypte pour faire rentrer l’argent dû. L’histoire raconte que pour déjouer la surveillance des partisans de son frère, elle se serait faite enroulée dans un tapis pour apparaître devant César.

Le puissant homme d’état succombe aux charme de l’Egyptienne, de 30 ans sa cadette. Il chasse son frère et s’attarde presque un an aux bras de sa maîtresse. Mais, fidèle à son intention initiale, il règle les affaires d’Égypte en mariant Cléopâtre à son dernier frère survivant, Ptolémée XIV. De retour à Rome, il convoque les deux souverains à Rome, qu’il loge dans sa propriété de la rive droite du Tibre. Sa liaison avec la Reine n’est un mystère pour personne. Il lui donne un fils, Césarion, et édifie en son honneur une statue dorée dans le sanctuaire de Vénus. Deux ans plus tard, l’assassinat de l’empereur romain met la reine à danger. Dans son testament, il ne fait aucune allusion à Césarion, et fait de son fils adoptif, Octave, son héritier. Cléopâtre profite de la confusion générale dans laquelle se trouve Rome pour retourner à Alexandrie.   A peine arrivée, elle fait assassiner son frère et mari, Ptolémée XIV, pour prendre seule le titre de Reine – la naissance de Césarion lui assurant un successeur. Elle a besoin cependant d’un nouveau protecteur ; elle a le choix entre Octave ou Marc-Antoine. Le « vertueux » Octave, futur empereur Auguste rejetant la reine et son mode de vie trop orientaux à son goût, elle se replie sur Antoine, le triumvir, maître des provinces romaines orientales. En 41 avant notre ère, Cléopâtre part à Tarse sur le littoral sud de l’Asie mineure, rend visite à Marc-Antoine dans une embarcation somptueusement équipée – bien décidée à ensorceler le maître. De son navire à la poupe dorée et aux voiles pourpres, elle apparaît à Antoine siégeant sous un dais d’or, entourée d’un équipage déguisé en nymphes, Néréides et Amours. Puis elle l’invite à un somptueux banquet, et c’est le début d’une liaison qui durera plus de dix ans.

ÉNOBARBUS. — Je vais vous raconter cette entrevue : La galère où elle était assise, ainsi qu’un trône éclatant, semblait brûler sur les eaux. La poupe était d’or massif, les voiles de pourpre, et si parfumées, que les vents venaient s’y jouer avec amour. Les rames d’argent frappaient l’onde en cadence au son des flûtes, et les flots amoureux se pressaient à l’envie à la suite du vaisseau. Pour Cléopâtre, il n’est point d’expression qui puisse la peindre. Couchée sous un pavillon de tissu d’or, elle effaçait cette Vénus fameuse où nous voyons l’imagination surpasser la nature ; à ses côtés étaient assis de jeunes et beaux enfants, comme un groupe de riants amours, qui agitaient des éventails de couleurs variées, dont le vent semblait colorer les joues délicates qu’ils rafraîchissaient comme s’ils eussent produit cette chaleur qu’ils diminuaient.

AGRIPPA. — O spectacle admirable pour Antoine !…

ÉNOBARBUS. — Ses femmes, comme autant de Néréides et de Sirènes, cherchaient à deviner ses ordres dans ses regards et s’inclinaient avec grâce. Une d’elles, telle qu’une vraie sirène, assise au gouvernail, dirige le vaisseau : les cordages de soie obéissent à ces mains douces comme les fleurs, qui manœuvrent avec dextérité. Du sein de la galère s’exhalent d’invisibles parfums qui frappent les sens, sur les quais adjacents. La ville envoie tous ses habitants au-devant d’elle : Antoine, assis sur un trône au milieu de la place publique, est resté seul, haranguant l’air, qui, sans son horreur pour le vide, eût aussi été contempler Cléopâtre et eût abandonné sa place dans la nature.

AGRIPPA. — O merveille de l’Égypte !

ÉNOBARBUS. — Aussitôt qu’elle fut débarquée, Antoine envoya vers elle et l’invita à souper. Elle répondit qu’il vaudrait mieux qu’il devînt son hôte, et qu’elle l’en conjurait. Notre galant Antoine, à qui jamais femme n’entendit prononcer le mot _non_, va au festin après s’être fait raser dix fois, et, selon sa coutume, il paye de son cœur ce que ses yeux seuls ont dévoré.

Shakespear, « Antoine et Cléopâtre »

Si les calculs politiques ont évidemment une grande part dans leur union – Cléopâtre a besoin d’un protecteur, Marc-Antoine a besoin de l’or et du blé égyptiens – les documents inclinent néanmoins vers la thèse d’une vraie passion. Bien que marié à Rome à la sœur d’Octave (union censée sceller un pacte entre les deux grands maître du monde – Octave et Marc Antoine), Marc-Antoine épouse la reine égyptienne, et distribue aux trois enfants nés de leur union et à Césarion de grands territoires à l’est de l’Empire romain. Il perd manifestement de vue les objectifs de Rome. L’affront à Octave et sa sœur est indéniable, et l’empereur Romain commence à craindre que Césarion puisse un jour réclamer son héritage paternel. La guerre éclate. Mais Antoine n’est plus le grand général invincible, et plusieurs erreurs stratégiques le mènent au désastre lors de la bataille navale d’Actium, en 31 avant notre ère. Les deux amants se retrouvent à Alexandrie pour jouir de leur derniers mois dans l’étourdissement de fêtes moroses jusqu’à ce que les troupes d’Octave arrivent en Egypte. Antoine met fin à ses jours, et Cléopâtre qui ne veut pas servir de trophée à Octave, le suit dans la mort en pressant, dit-on, un serpent venimeux contre sa poitrine.

« Sa royale fierté mis à l’abri sa couronne (…) A voir la reine, on croirait qu’elle dort ; dans une pose de grâce si triomphante qu’un autre Antoine seriait séduit. (…) Cléopâtre sera ensevelie près d’Antoine. Dans aucun tombeau de ce monde ne reposera couple aussi célèbre » 

Shakespear, « Antoine et Cléopâtre »

tableau cléopatre

Les circonstances de sa mort sont controversée, mais le serpent – à la fois emblème de souveraineté égyptienne et symbole du pouvoir de séduction féminin – prête à sa mort un éclat mythique. Les sources historiques privilégient la morsure au bras, mais les artistes préfèrent la représenter « guidant un serpent sur son sein dénudé, s’abandonnant à son sort : extase du sacrifice mû par la passion amoureuse, détresse d’un regard porté vers le ciel ou solennité sobre du geste son autant de prétexte au déploiement d’une chair laiteuse et offerte »***

Les dessous de Cléopâtre

Cléopâtre incarne la séduction, la puissance, la passion. S’il fallait l’habiller (ou la déshabiller…) chez Miroir de Muses, se serait sans hésitation avec la ligne Mary de la créatrice Absolutely Pôm. Nous connaissons les goûts de la reine pour le faste et le luxe. Il lui faut des matières nobles, de la soie et la dentelle la plus raffinée. Une lingerie de luxe, c’est évident. Il lui faut également des lignes pures et franches qui puissent s’accorder avec la force de son caractère. Et si elle vivait encore, je ne doute pas un instant que cette femme fatale porterait des porte-jarretelles  !

Dans cet article

A vous désormais de jouer aux Cléopâtre modernes…

* Théophile Gautier, « Une Nuit de Cléopâtre », Contes et récits fantastiques

** Shakespear, « Antoine et Cléopâtre »

*** Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte, Michel Chauveau, Hors-série Connaissance des Arts n°620, Le Mythe Cléopâtre,

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