Petite histoire du porte-jarretelles d’hier à aujourd’hui

Crédit photo : lingerie Absolutely Pôm chez miroirdemuses.com

D’abord porté par des hommes, puis par les femmes pour de simples raisons médicales, avant de devenir un objet de fantasme adoré ou honni, l’histoire du porte-jarretelles est pleine de rebondissements inattendus. Mais si c’était aujourd’hui le véritable âge d’or du porte-jarretelles ?

Et l’homme créa le porte-jarretelles

Une légende, constatant une similitude entre les pieds de la tour Eiffel et l’accessoire en question, voudrait que ce soit Gustave Eiffel qui ait inventé le porte-jarretelles. On imagine aisément qu’il aurait pu vouloir habiller les femmes de bas résilles et d’attaches métalliques à l’image de sa fameuse dame de fer, mais il n’en est rien ! On doit cette rumeur à un petit farceur, Jacques Lob, scénariste de bandes dessinées, qui en 1983 s’amusa à désigner M. Eiffel comme père de cet accessoire de mode dans un numéro du mensuel L’écho des savanes spécialement dédié aux dessous.

L’ironie de l’histoire est que le porte-jarretelles existait déjà 3000 avant JC, et n’était porté que par des hommes. Mais en 1876, le corsetier Féréol Dedieu s’inspire de ce système d’attache et dépose un brevet d’invention pour le maintien des bas des femmes. La chose est peu séduisante et très orthopédique : une simple ceinture et deux rubans de tissu élastiques se dédoublant chacun sur leur extrémité pour permettre quatre point d’attache. L’objectif est plus médical qu’esthétique : Il s’agit de remplacer l’usage de la jarretière dont les élastiques, dit-on « gênent la circulation du sang et amènent toujours le gonflement du pieds et une prompte lassitude. »

Histoire du Porte-jarretelles

L’histoire de la jarretière, antérieure au porte-jarretelles, remonte très loin dans l’Histoire. Les femmes grecques la portent en simple accessoire de charme avec un petit bijou, et non pour tenir des bas qui n’existent pas. Au Moyen Age, de facture très simple, en cuir, elle serre les chaussettes ou bas de chausses des hommes. Chez les femmes, elle maintient les bas roulés au-dessous, au-dessus du genou, ou à mi-cuisse. La Renaissance ennoblit la jarretière des élégantes en l’ornant de bijoux, dentelles, et rubans. Son cheminement se poursuit au grès des siècles, jusqu’à l’apparition de la jarretelle au XIXe siècle. C’est par le corset que cette dernière s’impose. Mais le corset qui contraint les corps des femmes vit ses dernières heures, laissant la place aux gaines souples à laquelle sont accrochées des jarretelles, puis à sa version la plus minimaliste : le porte-jarretelles de M. Dedieu. Dans les années 1930, les dessous féminins sont réduits à trois pièces : le soutien-gorge la culotte, le porte-jarretelle.

Années 50 et 60 : Les pin-ups en porte-jartelles

Pour sa première apparition au cinéma, le porte-jarretelles ne pouvait rêver mieux que Marlène Dietrich pour lui conférer un fort pouvoir érotique. L’ange bleu, de Joseph Von Sternberg, propulsa Marlène Dietrich au rang de vedette internationale, puis de légende. Avec ses jambes interminables gainées de bas noirs, ses jarretelles, sa combinaison courte et sa culotte en dentelle blanche, l’actrice incarne dans ce rôle de chanteuse de cabaret, le symbole d’une séduction trouble dont le « mythe Marlène » va abondamment se nourrir.

Marlène Dietrich en porte-jarretelles

Jusqu’au milieu des années 1960, aucune femme, y compris les jeunes filles, n’imagine sortir jambes nues. Le porte-jarretelles habille ces dernières, tandis que leurs mères portent des gaines, combinaisons ou guêpières munies d’attaches pour les bas. L’engouement pour cette pièce de lingerie ne diminuera pas, si ce n’est pendant la pause forcée de la seconde guerre mondiale : le porte-jarretelles régresse, faute de bas. Les femmes portent des chaussettes ou utilisent un succédané de bas. Les parfumeurs mettent au point des lotions teintantes, telle la marque Filpas, qui colorent la jambe et résistent à la pluie. Pour les plus modeste, la chicorée diluée à l’eau fait l’affaire. Reste à dessiner la couture avec un crayon à sourcil ou un pinceau. En 1945 vient enfin la libération, et les GI’s noient l’Europe sous les chewing-gums et les bas Nyon. Le bas de soie est détrôné. Les couturiers Dior, Rochas, Fath, Balanciaga, Patou, proposent une mode sensuelle, sexy, mettant en valeur la taille, le galbe des hanches et de la poitrine. La guêpière et le porte-jarretelles s’ouvrent à la fantaisie par les couleurs, dentelles et volants. Evidemment, les dessinateurs s’en donnent à cœur joie : Gil elvgren, Peter Darro, Peter Driben illustrent cette nouvelle vision de l’idéal féminin, tandis que les actrices Marilyn, Brigitte Bardot, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, et tant d’autres l’incarnent à l’écran.

1962 : L’attaque du collant contre le porte-jarretelles

A la fin des années 1950, l’avènement du collant constitue une mini-révolution. La séduction le cède au confort. Porte-jarretelles, corsets disparaissent – ou presque. La marque Dim met sur le marché des collants de plus en plus fins, de moins en moins chers. Après Mary Quant en 1962, c’est au tour du couturier Courrèges de lancer sa minijupe en 1965, peu compatible avec les bas. Désormais, la femme se sent libre de danser, courir, sauter, bouger, d’être moderne et active. Dès la fin des années 1960, le pantalon au féminin triomphe tandis que les hommes laissent pousser leurs cheveux. L’androgynie va de paire avec un féminisme qui brûle le soutien-gorge.

Le porte-jarretelles entame alors une longue traversée du désert. Jusqu’aux années 1980, il est perçu comme réservé aux femmes légères, aux prostituées de Pigalle ou d’ailleurs. Libérations de la femme oblige, il symbolise la femme objet soumise aux fantasmes machistes.

Le retour en force du porte-jarretelles

A partir de 1980, certaines créatrices comme Chantal Thomass ont revendiqué un retour au charme et au mystère de la féminité, et sous leur impulsion, le porte-jarretelles a fait son grand retour. Débarrassé de son image sulfureuse, il entre dans une nouvelle ère. Celle d’une femme libérée qui ose exprimer sa sensualité avec raffinement et élégance.

Aujourd’hui, il est devenu une revendication, et plus que tout, un choix. Auparavant, il était utilitaire. Désormais, il est fantasque, attirant et rebelle. Ne serait-ce donc pas aujourd’hui l’âge d’or du porte-jarretelles ?

Et vous, qu’en pensez-vous ? Etes-vous pour ou contre le porte-jarretelles ?

Porte-jarretelles Belle de Nuit Fleur of England chez miroirdemuses.com :

Porte-jarretelles de luxe

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Porte-jarretelles chic

Sources

  • Le point n° 1206 du 28 octobre 1995
  • Magazine Historia n 121 sep 2009 p.94
  • Remerciements à Adorina Spenta pour son aide à l’élaboration de cet article

Dans cet article

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1 Commentaire

  • GentlemanW dit :

    Le porte-jarretelle retrouve son histoire grâce à vous, et reste un symbole fort d’une féminité glamour plus actuelle. C’est un choix d’élégance cachée (de confort vous diront aussi les afficionadas convaincues) sous une mode, pour celle qui a fait ce choix très personnel de porter cette pièce de lingerie.

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